Incendie du marché en fer, on ne fait que parler

Incendie du marché en fer, on ne fait que parler

Un seul fait est certain: Le feu a consumé le marché en fer dans la nuit grasse du mardi 13 février 2018. Ce n’est pas le premier. Le sinistre laisse en détresse des centaines de familles qui y trouvent quotidiennement leur gagne pain. Les conclusions sont hâtives dans l’opinion. Le PDG de Digicel tire sa conclusion: il s’agit d’un accident découlant de la négligence. Trop facile semble-t-il. Comment avoir un investissement de 18 millions de dollars dans un marché sans un service de réponse contre incendie? Avec la nationalité haitienne, les dirigeants de Digicel auraient acquis nos mauvaises moeurs aussi.

Le gouvernement est critiqué pour négligence et nonchalance. L’opposition est pointée du doigt pour cynisme et folie furieuse. La police reste prudente. Le président demande une enquête et s’engage à contribuer au relèvement des victimes.

Et comme c’est le fort de la société haïtienne, on se met tous à parler. C’est la trend sur les réseaux sociaux. Tout le monde s’indigne et critique l’autre. Mais ce sont ceux-là même qui refusent de supporter, soit par insouciance, soit par insolvabilité, une déclaration définitive d’impôts annuelle de moins de deux cents dollars et qui attendent tout de cet Etat misérable. C’est ça un pays pauvre.

On en profite pour critiquer et s’étonner qu’il n’y a pas un service d’incendie à Port-au-Prince. Pourtant cela a toujours été le cas depuis le départ de Duvalier et l’on était depuis toujours occupé à changer les dirigeants, à déchouquer ou déboulonner les régimes, les hommes. On a jamais eu de temps pour poser les problèmes, asseoir une vision et/ou établir les priorités. Parler politique est devenu une manière de guerre. Nous voulons tous le pouvoir. Nous le voulons toujours maintenant. Pas plus que trente jours après les investitures. Bris, grèves, manifestations de rue, coups d’Etat. Trente ans de folie et de déni. Ainsi, l’instabilité aidant, des dépenses faramineuses sont effectuées par l’état tous les ans dans des actions et projets qui font fi du minimum.

Et si la Mairie profiterait de l’indignation générale et s’offre un cadre légal pour créer une taxe rien que pour ça! Seriez-vous prêt à payer ou seriez-vous dans les rues à manifester? Les citoyens sont trop pauvres (au propre comme au figuré). Les mairies sont trop faibles. La ville aussi. C’est pour ça qu’elle est si sale.

D’autres fonds dépensés au niveau central pourraient effectivement être investis dans ce secteur prioritaire. Mais un camion pompier devrait être l’affaire d’une mairie ou d’un quartier. Cependant qu’en est-il des citoyens d’une ville qui ne paient même pas d’impôts locatifs?

On va continuer à parler. A twitter.

Haiti Hebdo

 

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