Mémo de Mémoire d’encrier au temps du Coronavirus

Le temps est aux urgences. À la magie qui nous apprendra à dire demain. Face au désastre, y a une chanson, une parole, une intelligence à venir. En nous et autour de nous cette chanson ou ce mot qui rassemble. Pour exister, plus que jamais, nous aurons besoin de phrases enflammées, de rituels grandiloquents capables de donner aux jours une lumière et un sens.

La littérature offre ce viatique, cet art d’être vivant au temps des virus.
Alors, ami.e.s auteur.e.s, vivons le plus près possible de nos rêves de beauté, de justice et de vérité. Nous en aurons besoin à la saison nouvelle, qui sera de promesses et de recommencements. Le monde s’effondre, disait Chinua Achebe. Le monde naît également. Je vous appelle à cet espoir-là.

Certains mots que l’on croyait abîmés reviennent à nos oreilles : solidarité, égalité, valeur, vertu, collectif, être et vivre ensemble. Les politiques, les milliardaires, les puissants, tout le dispositif de guerre semble englué dans l’impuissance.
 
Écoutons le chant des oiseaux dans les forêts imaginaires.

Après tout, nous sommes en train de faire place aux mots, aux légendes, à l’humain et aux vivants. Dans notre humanité de confinement, mijotons les nouveaux narratifs, la possibilité d’un monde neuf. Tenons-nous ensemble, malgré la distance obligée, réchauffé.e.s par l’amitié du poème et la pensée d’un monde à habiter ensemble.
 
Rodney Saint-Éloi

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