Grand’anse-Séisme: Opacité dans la gestion des aides destinées à la population sinistrée

Grand’anse-Séisme: Opacité dans la gestion des aides destinées à la population sinistrée

De notre envoyé spécial

Dieury Ralph ANTOINE

14 Août-14 Octobre 2021, deux mois après le Séisme dévastateur, la population sinistrée du département de la Grand’Anse est encore dans le noir malgré la présence des ONG et OI sur le terrain, ces organisation se donnent pour mission d’apporter des réponses d’apaisement factuel à la population sinistrée à partir des fonds qui leur sont fournis, mais elles ont l’air désorientée dans leur action opérationnelle “à appliquer la rationalité formelle”.

Ces ONG se font remarquer beaucoup plus, par la circulation automobile sans entrainer une véritable implication qui pourrait apporter un vrai soulagement à cette population qui se retrouve dans une situation de plus en plus insoutenable.

Environ une dizaine d’ONG sont installées dans la région depuis la période suivant le 14 aout, jusqu’ici leurs actions sont minimes par rapport à la gravité de la situation, des communautés les plus touchées  sont encore oubliées voire  méconnaissables par ses agents de distribution et opérateurs de l’aide humanitaire.

La collaboration de L’État avec les ONG n’est plus en faveur de l’efficacité en faveur des victimes au sein de la population, les organes  étatiques étant là pour assumer leur responsabilité sur le plan structurel collaborent apparemment avec les ONG pour faire leur beurre au détriment de la classe populaire, qui, avant même la catastrophe était déjà dans l’état d’extrême vulnérabilité.

Certaines ONG ont débarqué sur le sol sans avoir eu aucun plan, parfois c’est en arrivant à l’aéroport de Jérémie qu’elles rencontrent n’importe qui, et emboitent le pas avec, dans le but de leur justifier auprès des bailleurs de fonds et conclure que tout le nécessaire est fait. Où sont les personnes chargées de gérer le bon fonctionnement de la communauté Grand’Anselaise, se demande Ricot, un jeune qui se moque du message de reconfort des opérateurs ?

Les biens, les fonds se sont utilisés à la logique d’individualisme ou de la clandestinité au lieu de les distribuer aux intérêts de la collectivité, quasiment rien ne se tourne au service de la population touchée, une mauvaise pratique occasionnant des nouveaux riches, au dépend de la vulnérabilité d’un peuple malléable.

Lors de la précédente catastrophe sismique que la capitale d’Haïti a connue  en date du 12 janvier 2010, un fonds d’environ 8 milliards d’euros a été mal géré par ces organisations non gouvernementales avec la complicité des autorités. Cette fois encore, on ne rebat pas les cartes. Et tant que cela perdurera les inégalités arbitraires augmenteront de jour en jour dans le pays. Ainsi, l’aggravation constante des dérives sécuritaires risque d’amener Haïti vers la fatalité.

Le Journal Haïti Hebdo a constaté la situation inhumaine que vit les habitants aux îles Cayimites dans la localité de Pointe Sable, l’État et les ONG doivent se concentrer sur ces endroits afin d’aider les habitants à apaiser l’atrocité de cet enfer. Depuis le séisme, les individus dorment à la belle étoile, à même le sol, la faim au quotidien augmente, les enfants et les vieillards ne sont pas épargnés. Dans la localité “Sen-yèt” du quartier Léon sur la commune de Jérémie, les gens n’ont même pas le moyen de survivre et cette communauté risque de toujours rien bénéficier car elle est méconnaissable et par rapport à la difficulté pour aller dans cette zone, dont on doit laisser son véhicule de loin, quelque part pour marcher plus d’une heure.

Alors que, de fortes sommes d’argents sont débloquées au nom de ce type de population sinistrée, le gouvernement aurait touché sa prime d’assurance dès les premières semaines et depuis le 2ème jour, des cargaisons d’aides d’urgence sont arrivées en grande quantité dans le département, par voie maritime, terrestre et aérienne. Mais les victimes n’ont pas été touchées.
 
Plusieurs instances, comme la Croix Rouge Haïtienne, la Protection Civile, les petites ONG de relai, se sont mises à couvert face à la presse, prétendant que la presse pourrait leur piéger; elles ne veulent pas donnés des infos. Mais, à quelle fin piéger des gens qui sont là pour aider aux intérêts collectifs ? La transparence serait le noeud gordien.

Haïti Hebdo a contacté la représentante de la Croix-Rouge à Jérémie, Mme Ebline Pierre, la responsable refuse d’accorder une interview sous prétexte qu’elle n’avait pas reçu l’ordre de son supérieur hiérarchique à Port-au-Prince. Or, le journal a rejoint Mme Pierre au préalable par l’intermédiaire du Président national. Est-ce-que le fait de Cacher des informations à la presse facilite le bienfait, la transparence et le respect de l’institution?

À Jérémie, il y a comme une synergie d’équipe  pour empêcher la transparence dans la gestion de l’aide en cas d’une catastrophe, une démarche favorisant uniquement l’efficacité des revenus des ONG et certains alliés qui font partie des autres groupes comme par exemple la DPC, Direction de la Protection Civile. En effet, aucune leçon n’est tirée de la réalité antérieure, 11 ans après le séisme du 12 janvier 2010, les pratiques blâmables de l’antécédent se reproduisent encore plus fortement.


Tant que l’État  neglige à défendre fondamentalement la population, pour défendre les gens au pouvoir et se mise sur sa pratique individualiste, le champs du gaspillage sera libre, il n’y aura  toujours aucun critère obligatoire aux ONG ou à la communauté internationale  afin qu’elles puissent asservir la majorité populaire dans leur intervention.

Presque toutes les Organisations non gouvernementales qui s’installent dans la Grand’anse jettent l’éponge depuis le mois de Septembre, ceci dit, probablement, la caravane est déjà passée. Bien que cette manœuvre d’arnaque se reproduise à nouveau, il n’est jamais trop tard pour bien faire. L’État doit apporter du soutien à certains habitants dans des endroits touchés par le tremblement de terre avant que leur cas s’aggrave. Les citoyens des Îles Cayimites (du côté de Pointe sable) , Pestel, Beaumont, Dichity, et Leon dans la localité “Sen-yè” sont encore dans une  situation de survie difficile.  À rappeler que la Grand’ Anse n’est pas le seul cas penser. D’autres départements de la région du grand Sud vivent également cette situation exécrable.

Dieury Ralph ANTOINE

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